La culture de l’échec : comment l’échec permet de réussir ?

Le raté, l’échec, la perte, c’est ce que viennent partager des milliers de participants aux FailCon (comprenez les conférence de l’échec).

Les participants y revendiquent comment, malgré leurs diplômes d’Harvard ou Oxford, ils ont raté leur mission de direction dans des grandes entreprises reconnues, et cela sans aucune honte ! C’est bien tout l’intérêt des  FailCon : partager ses échecs et surtout les leçons qu’on en a tiré. Aujourd’hui, ces personnes sont des modèles de réussite et ils n’y seraient pas arrivé sans les vertus de l’échec ! Voyons, à présent,  comment l’échec permet de réussir !

Rien ne sert d’être parfait

Les FailCon débarquent timidement en France, sans rencontrer le même succès qu’outre-manche où la culture de l’échec y est bien présente. FailCon signifie « Failure » et « Conférence » en anglais. C’est donc le lieu idéal pour partager ses chutes et faillites. La FailCon est née au Etats-Unis, à San-Francisco en 2009, grâce à Cassandra Phillips. Elle souhaitait donner la parole aux entrepreneurs, hommes et femmes d’affaire, étudiants et grands dirigeants, mais aussi à tout ceux qui galéraient.

Pour participer à une FailCon : Site internet 

Aux Etats-Unis, il n’y a aucune honte à parler de ses échecs et même de s’en vanter : si tu n’as pas échouer ce n’est pas normal ! La devise c’est « Fail fast, fail often ! (échoue vite, échoue souvent !). Les employeurs sont même assez réticents à l’idée d’embaucher quelqu’un qui n’a jamais essuyé de revers. Un parcours sans anicroches est suspect et peu fiable. Par contre, la personne qui a connu quelques échecs dans sa vie, dans les études, les affaires ou le sport, sera beaucoup plus apprécié.C’est d’ailleurs, la ligne de conduite de Bill Gates : embaucher un candidat qui s’est planté !

Echoue mais échoue bien !

L’intérêt d’échouer c’est, d’abord de l’accepter, et, surtout de s’en servir. Echouer n’est pas grave si tu en retires les vertus qui vont avec : plus de confiance en soi, moins de peur, plus d’audace, plus d’humilité, plus de sagesse. Les documentaires sur les stars (Lady Gaga par exemple), hommes d’affaires, sportifs (Agassi) racontent tous l’échec. Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde et patron d’Amazon, tweete même ceci : « Mes échecs ont coûté des milliards de dollars à Amazon. Soyez audacieux. »

Le documentaire sur Lady Gaga que je te conseille vivement : Five Foot Two

L’échec permet de se construire, de se connaître. Il nous apprend à être humble et sage. Qui n’a pas vu son égo dégonfler suite à une période de chômage ? Qui n’a pas appris la sagesse quand ses illusions sont tombées et qu’il a fallu regarder la réalité en face ? Les échecs sont souvent l’occasion d’ouvrir le capot pour aller regarder comment le moteur fonctionne. On ne se soucie pas de savoir si tout va bien tant qu’on a pas eu de panne. L’échec sauve des vies, fait prendre conscience, c’est comme si avant de trébucher on ne se connaissant pas vraiment. Il nous fait réaliser que la vie à laquelle on se destinait n’était pas vraiment celle que l’on voulait. C’est comme si, on avait fait exprès d’échouer. L’échec nous révèle à nous-même et c’est assez salvateur de le partager, de le reconnaître aux yeux des autres.

L’échec c’est la loose selon le Français.

S’il y a bien un pays où l’échec est mal vu c’est la France ! D’ailleurs, si les FailCon font un carton aux Etats-Unis, chez nous le succès est timide. Peu de personne semblent prêtes à embrasser cette culture de l’échec pour l’exposer aux yeux des autres. Il faut dire qu’on nous enseigne, dès l’enfance, qu’échouer c’est mal. On a pas l’impression d’avoir le droit à l’erreur ou d’arriver au résultat différemment. Il faut suivre une ligne toute tracée, rectiligne, direction les grandes écoles ! L’échec est vécu comme un aveu de faiblesse, un tabou, il fait peur et on préfère s’enfermer dans l’immobilisme, la sécurité, le confort, plutôt que de risquer de se tromper.

L’échec fait mal mais il apporte plus d’équilibre

Réussir sans jamais échouer conduira inévitablement à un méga échec difficile à surmonter. Echouer trop souvent sans tirer de leçons ne conduira jamais à la réussite. Il faut un juste milieu, un équilibre. Parler de ses échecs permet d’accepter sa vulnérabilité, accepter qu’on n’est pas surpuissant, faire taire son égo et laisser ses émotions vivre.

Réussir est aujourd’hui synonyme de créativité, d’innovation et donc d’expérimentations qui vont conduire à se tromper quelques fois. Un trou dans son CV ? Et bien oui, pourquoi pas ? Cela montre juste que l’on a eu de l’audace, de l’ambition, qu’on est innovant, créateur, sage et humble. On se connaît mieux, on a découvert ce dont on était capable et que l’on est prêt à repasser à l’action !

Calmettes Anaïs, créatrice de la marque BeeUnis et ex-flippée de l’échec 😉