Ce dont je voudrais parler dans cet article, ce n’est pas tellement du manque de reconnaissance en entreprise ou du fait que de plus en plus de personnes ne trouvent plus de sens à leur travail. Je voudrais, essentiellement, parler de ces personnes qui, comme moi, ont un besoin de reconnaissance qui, parfois, est difficile à supporter.

Le besoin de reconnaissance peut devenir handicapant dans la vie professionnelle comme mener au succès.

Le besoin de reconnaissance : un blocage ?

Le besoin de reconnaissance c’est ce sentiment de vouloir toujours être à la hauteur, reconnu pour son travail et ses efforts, marcher au mérite et à la récompense, courir après le succès, les preuves sociales et friser le perfectionnisme ou la frustration de n’être jamais assez bien, assez fort, assez ambitieux, assez performant.

Cependant, fonctionner selon ce besoin de reconnaissance est une vulnérabilité qui peut t’empêcher d’avancer dans la vie.

« Derrière ces signes, se cachent la question de la confiance et de l’estime qu’on a de soi-même mais tout dépend des retours que le salarié va recevoir », répond Patrice Roussel. Si la reconnaissance est positive, on gagne en assurance. Si elle est plutôt négative, on se déprécie et la quête des félicitations devient obsessionnelle. Un cercle vicieux et délétère se met en place. » Travail : pourquoi a-t-on besoin de reconnaissance ?

Julie Falcoz, Le  27 septembre 2016

Mon expérience : comment j’ai fait de mon blocage une force

D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours eu ce sentiment, ce besoin viscéral de reconnaissance. J’étais la gentille petite fille sage et obéissante qui écoutait ses parents et ses professeurs.

Très tôt, j’ai fonctionné à la récompense :

  • Le cadeau
  • L’attention
  • Le diplôme
  • Le salaire
  • Le statut social

J’ai très vite intégré l’idée que si je faisais ce qu’on me demandait, si je suivais les règles alors j’obtiendrais un retour. Plus je me surpasserai et plus je serais reconnue par mes pairs. FAUX !!

Pourquoi a t-on besoin de reconnaissance au travail ?

La psychanalyste et coach Hélène Vecchiali, explique que :

« le travail est dans son étymologie lié à la douleur et à la difficulté. Même ceux qui aiment leur métier fournissent des efforts. Il est donc normal d’avoir besoin d’être reconnu. Et puis reconnaître quelqu’un, cela signifie l’identifier : quand un enfant naît, il est reconnu par ses parents à la mairie. C’est ainsi qu’il va s’inscrire dans la société. Au travail, c’est la même chose : la reconnaissance n’est pas seulement quelque chose qui nous fait du bien comme ça de temps en temps. Elle nous offre une appartenance à un groupe et nous permet de forger une estime sociale de soi ». (Etre reconnu au travail, un besoin vital, Hélène Fresnel.)

Je suis assez d’accord avec cette coach. Le besoin de reconnaissance c’est un besoin vital de se réaliser, d’être utile, un besoin d’appartenance et d’identité. Le besoin de reconnaissance va souvent avec le besoin de se réaliser, de concrétiser ses projets, de s’épanouir, savoir que l’on n’est pas sur terre pour rien.

Savoir pourquoi on vit ! Être utile ! Sinon à quoi bon ????

Être reconnu est vital pour n’importe qui et comme l’on passe 80% de notre temps au travail il est normal que ce soit un endroit où l’on souhaite s’épanouir. Sauf que c’est de moins en moins le cas, comme le traduit le livre de David Graeber « Bullshits jobs (je le conseille, j’en parlerai certainement dans une prochaine vidéo sur ma chaîne YouTube )

Prendre conscience de ce blocage et arrêter de le subir

Que ce soit bien clair, j’ai fait des études par orgueil. J’ai cru au fameux slogan :

« si tu travailles bien à l’école tu auras un bon boulot »

« si tu as des diplômes, tu auras un bon travail »

Grosse désillusion qui m’a plongé des mois dans l’incompréhension quand je me suis retrouvée sur le marché du travail, avec mes bagages universitaires, mais pas de travail. Finalement, j’ai persisté dans la voie « parfaite » et « sécurisante » pour finir enseignante :boulot stable, sécurisant, confortable, de quoi se sentir sur la bonne voie !

FAUX ! Ce fut une période enrichissante, certes, qui m’a fait beaucoup grandir mais qui m’a aussi détruite. Ce fut une expérience qui m’a fait prendre conscience de mon potentiel et de la manière que j’avais de le gâcher. Je me sentais nulle, incompétente, incapable, illégitime, au bout du bout. Plus j’étais dans la difficulté, plus je me surpassais pour enfin obtenir cette reconnaissance, pour m’entendre dire que je faisais du bon boulot. J’ai vécu une expérience au-delà de tout et plutôt que de reconnaître que je ne pouvais pas m’en sortir dans ces conditions, que je ne pouvais pas accepter l’inacceptable, j’ai essayé de prendre sur moi pour ne pas reconnaître mon échec. Je voulais être parfaite, ne pas craquer, réussir, surmonter mes difficultés. Refuser d’abandonner !

Cela m’a carrément conduite à l’abus. Forcément quand on fait ce que les autres attendent de nous pour obtenir leur sympathie, rapidement les limites explosent et on se retrouve dans une situation d’abus psychologique et/ou physique. Se conduire comme la gentille petite fille parfaite n’est en rien une bonne solution pour sa construction, ni un bon mode d’éducation.

Le jour où j’ai pris mon destin en main.

J’ai fini par claquer la porte, m’en allant vers quelque chose de meilleur, vers plus d’épanouissement et d’alignement avec mes valeurs. Je ne voulais pas me battre contre des moulins à vents ! Je voyais mes autres collègues essayer et y perdre leur santé. On ne bouge pas l’Education Nationale comme ça. Je m’en suis voulu d’abandonner mais, aujourd’hui, avec le recul, j’ai pris la bonne décision. Ce n’était pas un échec, c’était juste « reconnaître que je ne pouvais pas travailler correctement dans ces conditions ».

Il m’a fallu du temps pour prendre conscience de cette vulnérabilité et la percevoir comme un potentiel. Aujourd’hui, je peux le dire : j’ai transformé ma fragilité en force.

Se reconvertir dans l’infopreneuriat : la solution !

Presqu’instinctivement et comme j’avais besoin de me réaliser, je suis devenue mon propre patron !

Être entrepreneur n’est pas ma mission de vie mais depuis que je connais mon programme de vie, je sais que cela fait parti d’un de mes potentiels : ce besoin incessant de s’accomplir, cette insatisfaction chronique, ce besoin de réussite, de mouvement, de succès et de réalisation de soi.

Chaque personne que j’accompagne dans le programme « Révélation » et qui ont ce potentiel d’entreprendre se reconnaissent dans ce sentiment de reconnaissance. Le tout est d’arriver à transformer ce blocage en force, en énergie pour que cela nous porte au lieu de nous plomber.

Au fait, c’est quoi être infopreneur ?

Je fais, volontairement, la distinction entre entrepreneur et infopreneur. Un entrepreneur a un sens plus large. Un entrepreneur peut avoir une entreprise physique, avec des salariés et des charges. L’infopreneur, son entreprise est sur internet, c’est son site internet. : pas de charges, il lui suffit d’un ordinateur et d’une connexion WIFI. Un infopreneur vend ses services en lignes : ebook, cours, formations, programmes, mais aussi atelier en présentiel, conférences, … tu délivres ton savoir, ton expérience comme tu le souhaites. Ton travail c’est d’aider les autres grâce à ton potentiel tout en étant libre de travailler comme tu le souhaites. 

C’était le moyen le plus court et le plus facile de :

  • Reprendre ma liberté : pas de contraintes géographiques, hiérarchiques ou horaires
  • Me réaliser, m’épanouir, aller au bout de mes projets
  • Faire mon travail dans de bonnes conditions
  • Allier vie personnelle et vie professionnelle
  • Travailler selon mes valeurs et mes potentiels
  • Avoir des conditions de travail plus justes !

Au quotidien, comment transformer le besoin de reconnaissance en énergie créatrice ?

 Déjà prendre conscience de ce blocage et arrêter de s’auto-flageller. Ce n’est pas facile quand on a envie de changer les choses, d’aller plus loin et plus fort, de réussir ces projets, et de voir les autres ou l’entreprise nous bloquer, nous brimer. C’est très frustrant.

  • Sortir de sa colère et de sa frustration. Se calmer et ne prendre son mal en patience, surtout si ce sont des choses qui ne dépendent pas de nous.

Chercher toujours les preuves de sa réussite, fonctionner à la récompense n’est pas non plus quelque chose de bien.

  • Apprendre l’humilité permet d’aider à dégonfler son égo et à se satisfaire de ce que l’on a. Tu n’es pas un labrador qui veut son « susucre » pour être content. Un bout de papier, une belle voiture, une promotion ou un statut social, ne détermine pas la personne que tu es. Tu es bien plus que ça.

Se battre contre des moulins à vent ne sert à rien à part s’épuiser et conduire à la dépression. Lâcher-prise et accepter que les choses ne soient pas comme on le voudrait permet de faire baisser la pression.

  • Le lâcher-prise n’est pas facile mais il en vaut la peine. Ne recherche pas l’approbation d’autrui. Plus tu cherches la reconnaissance, moins tu l’obtiens !

Échouer n’est pas grave surtout si c’est pour préserver sa santé par exemple.

  • Accepter l’échec pour grandir et progresser. Tu n’as pas à être parfaite !
  • Accepte ta vulnérabilité. Oui tu n’es pas toujours à la hauteur, oui tu n’es pas parfaite, c’est normal. certains t’apprécieront comme tu es et d’autres non, c’est le jeu.

Tu dois aussi comprendre que tu as une énorme force créatrice en toi, le besoin de reconnaissance et aussi un potentiel si tu le regardes sous un autre angle. Les qualités de ce blocage : 

  • Peu importe les échecs tu te relèves
  • Perfectionniste tu te donnes à fond
  • Tu as besoin de monter des projets et d’aller jusqu’au bout
  • Le challenge te plait, tu veux réussir, tu t’engages
  • Éprise de liberté, c’est ton moteur !
  • Grosse capacité de travail !
  • Tu es quelqu’un de généreuse, tu donnes sans compter
  • On peut compter sur toi
  • Toujours prête à relever des défis, tu ne lâches rien !

Et si malgré tout, tu sens que tu as besoin de plus, alors je te conseille de te lancer à ton compte. Ce n’est pas facile mais c’est dans ce domaine que tu seras la plus épanouie car c’est un domaine professionnel qui va te faire progresser sur ton blocage, te challenger, animer ton besoin de succès et de liberté mais qui aussi te permettra d’apprendre à le transformer en force. Ce n’est sans doute pas pour rien que plus de 20% de cadres se reconvertissent dans l’artisanat (et à leur compte), seul façon de voir le fruit de leur travail et d’être utile à la société, donc reconnus.

N’oublie pas qu’il est crucial que tu restes toi-même, avec tes blocages et tes forces. Tes blocages font parti de toi mais le tout c’est d’en prendre conscience pour ne pas les subir et arriver à s’en servir comme d’une force, d’un potentiel. Le salariat, actuellement, accentue ce blocage, ce besoin de reconnaissance, mais j’ose espérer qu’il est encore possible d’être reconnu pour ce que l’on fait.

Pour ma part, mon métier d’enseignante a accentué toutes mes fragilités et je me trouvais nulle, incompétente, alors que je n’étais juste pas à la bonne place. Cela m’a fait grandir et aller chercher ce qui était bon pour moi.

Et toi, t’en es où ?

Anaïs, C.

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